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Okinawa 2016 – Aquarium Churaumi

Après notre découverte de la ville de Naha (ville principale de l’ile d’Okinawa) nous avions décidé de visiter l’Aquarium Churaumi.
Dans le dialecte Okinawaïen, Chura veut dire beau, élégant, tandis que Umi signifie la mer ou l’océan. C’est un nom plutôt approprié!

L’aquarium est situé à environ 90km de Naha. Un trajet par bus est possible, mais étant nombreux (nous 4 + mes beaux parents) nous avons opté par louer une voiture, avec beau-papa comme chauffeur!
Nous sommes passés par Orix Rental Cars (Miebashi Station Branch), qui avait l’avantage d’être très proche de notre logement. On peut aussi y louer les sièges auto pour les enfants.

Le temps était couvert (comme souvent pendant la semaine qu’a duré notre séjour) mais il faisait déjà très chaud, malgré le fait que nous ne soyons qu’au début du mois d’Avril.

Nous nous arretons souvent pendant le trajet pour faire des pauses (n’oubliez pas que nous voyageons avec des jeunes enfants… qui ont très facilement mal au coeur!) et profiter du paysage.

Nous nous arretons notamment sur une petite plage histoire de tremper au moins les pieds, mais nous ne sommes pas restés longtemps car malgré les nuages le soleil tapait très fort!

Ici le sable est en fait composé de petits fragments de corail qui font très mal aux pieds… Nous avons ensuite investi dans des « chaussures aquatiques » (aquashoes) pour pouvoir profiter des plages sans souffrir! Il y en a des pas chères à Décathlon par exemple, qui font très bien leur job…

Une fois arrivés, on s’arrête un instant pour profiter de la jolie vue. Le ciel s’est dégagé, et on distingue nettement l’île de Ie-Jima, accessible par ferry depuis le port de Motobu.
On n’a pas eu le temps de la visiter, peut être une autre fois!

Wikipédia dit que c’est le deuxième plus grand aquarium du monde, après celui de Géorgie aux USA.
On peut y découvrir la faune et flore sous-marine d’Okinawa, avec des espèces locales uniques, des récifs coralliens ou encore des espèces des très grandes profondeurs. Nous avons passé un bon moment à explorer tous les bassins de l’aquarium, ce qui nous a pris un certain temps!

Il est surtout connu pour son énorme bassin de 7500 m2 où évoluent plusieurs requins-baleines, ainsi que des raies manta et d’autres espèces.
C’est ici que j’ai eu un sentiment très partagé. A la fois émerveillée de voir ces géants en vrai, et triste de les imaginer tournant en rond dans leur bassin pendant toute leur vie. Ceci s’appliquant aussi à toutes les autres espèces bien entendu.

Près de l’aquarium, il y a aussi un delphinarium, qui offre parfois des shows. On y est allés car mes beaux parents avaient pris des billets, mais je n’ai pas vraiment apprécié le spectacle, ayany un peu le même sentiment que face aux requins-baleine.

L’aquarium n’est pas la seule attraction du coin. L’Ocean Expo Park abrite l’aquarium, et on y trouve également la reconstitution d’un village traditionnel d’Okinawa, un arboretum tropical, un Musée de la Culture Océanique, ou encore un jardin aux papillons.

Nous n’avions pas beaucoup de temps devant nous car il fallait rentrer à Naha pour rendre la voiture de bonne heure, mais nous avons fait un arrêt rapide au Ryugujo Butterfly Garden pour admirer les papillons.

Très attirée par les papillons!
Jolie chrysalide dorée.

Nous avons beaucoup apprécié la visite et nous aurions aimé pouvoir y rester un peu plus longtemps, ainsi que faire le reste des activités proposées. J’aimerais par exemple visiter le village okinawaïen, mais ce n’est que partie remise, j’espère!
Nous allons peut être retourner à Okinawa l’été prochain (2020), si nous avons le temps nous retournerons peut petre dans le coin.

Après cette rapide visite, nous nous dirigeons vers la voiture, et là nous remarquons des panneaux nous préviennent de la présence de serpents, les fameux habu ou vipère d’Okinawa. Nous croiserons d’ailleurs ces panneaux à des multiples reprises lors de nos visites sur l’île, je ne peux que vous conseiller de faire attention lors de vos promenades.


Une fois rentrés et la voiture rendue, nous achetons des sata andagi pour le goûter. Ce sont des sortes de beignets ytypiques d’Okinawa, existant en différentes variétés : nature, au sucre noir d’Okinawa, au sésame, à la banane, à la patate douce violette… il y en a pour tous les goûts!

Le reste de la journée se résume à une balade sur la rue commercante et un diner dans un restaurant familialproposant des jeux pour les enfants. Après tant de temps passé en voiture, elles ont bien besoin de se dépenser un peu!

Rendez vous bientôt pour le récit de nos derniers jours sur Naha (quartiers des potiers, château de Shuri, journée plage) avant de mettre le cap vers Osaka et Kyoto!

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Okinawa 2016 – découverte de Naha

Aujourd’hui je reviens quelque temps en arrière, et plus précisement au printemps 2016, pour vous parler d’une autre partie de notre voyage au Japon cette année là. Après quelques jours à Fukuoka, et avant de nous diriger vers Osaka et Kyoto, nous avons décidé de passer une petite semaine à Okinawa.
Depuis, on y est retournés encore une fois en 2018 (mais en été), mais je vous raconterai cet autre voyage une autre fois.

Sur le blog, j’ai crée une rubrique Japon dans laquelle j’ai regroupé tous mes articles en lien avec le Japon (mariage, voyages…). N’hésitez pas à aller lire les autres articles si cela vous intéresse!

 

J’avais depuis longtemps très envie de découvrir Okinawa, c’est maintenant chose faite!
Pour cette première découverte, nous nous sommes concentrés sur l’ile principale et plus particulièrement sur la ville de Naha.

Nous sommes partis directement de Fukuoka où il faisait encore froid, avec nos gros pulls et nos manteaux, je peux vous dire qu’on les a enlevés vite fait une fois arrivés! Le départ étant assez matinal, y en a une qui a décidé de finir sa nuit à l’aéroport ^^

Nous avons voyagé avec la compagnie Peach, et ma grande fille était ravie de voler dans un avion tout rose. « Comme l’avion de Barbie, Maman! ». Pendant ce temps, la petite a continué sa nuit, comme si de rien n’était.

94 jour 9 Okinawa avion Peach

 

Après d’un vol d’1h40 environ, nous arrivons à l’aéroport de Naha. Premier arrêt devant le petit aquarium de l’aéroport avant de prendre le monorail pour rejoindre notre guesthouse. 
D’ailleurs notre voyage a bien commencé puisqu’un gentil monsieur avec sa famille, qui lui allait partir de Naha, nous a offert leurs pass monorail qui étaient encore valables toute la journée. Très sympa ce gentil monsieur!

95 jour 9 aquarium aéroport Okinawa

 

Un pass monorail valable 24h coûte 800 yens, et celui valable 48h coûte 1400 yens. 
Sachant que le prix d’un billet simple va de 150 (pour une seule station) à 330 yens suivant la distance parcourue, le pass peut très vite devenir intéressant!

 

Nos avons logé a Lohas Villa, un établissement situé quasiment sur la Kokusai Dori (la grande rue commerçante de Naha) et proche du monorail pour faciliter nos déplacements.
Cet établissement propose des chambres à petit prix : à partir de 10€/nuit en dortoir, 15€ une petite chambre simple, nous avons payé environ 60€ pour une chambre pour 4 personnes avec des grands lits superposés. 
Le confort est plutôt sommaire, mais vu le prix et l’emplacement on va pas se plaindre!

97 jour 9 Naha Lohas Villa

(Vous remarquerez qu’il y en a une qui n’a toujours pas fini sa nuit…).

La déco est plutôt sympa, très tropicale. Les douches et toilettes sont dans les couloirs, et les lavabos… sur les balcons! Comme ça doit être pratique les jours de typhon ^^

102 jour 9 5 Avril Lohas Villa deco

 

Une fois la petite réveillée, nous voilà partis à la découverte des environs. Nous n’étions même pas sortis de l’hôtel que nous tombons sur ce mignon petit robot à la réception. 
Son rôle : nous donner des infos sur la météo et les sites touristiques notamment! Nous avons essayé de lui parler en français, mais il a buggué :/
Le gentil monsieur de la réception est venu le paramétrer en langue française, mais il n’a plus voulu fonctionner après ça. Je me sens encore un peu coupable d’avoir cassé le petit robot à force de vouloir lui parler français!

98 jour 9 Naha Lohas Villa robot

 

Bref, après toutes ces péripéties on arrive enfin au niveau de la rue, et comme on a un peu faim quand même, on se dirige tout droit vers les arcades du marché de Makishi, où on peut trouver tout et n’importe quoi (et surtout, à manger!).

99 jour 9 Naha galeries

 

L’hibiscus est la fleur la plus représentative d’Okinawa, et on en trouve à tous les coins de rue ou presque. Il y a plein de variétés et de couleurs, c’est un régal pour les yeux!

104 5 avril hibiscus

En se promenant dans les rues, on se rend compte des risques latents.  Il ne faut pas oublier que le Japon est un pays où les tremblements de terre sont très fréquents, et ceux ci peuvent aussi se produire à Okinawa. 
A la suite d’un gros tremblement de terre, un tsunami peut se produire, et ces panneaux sont là pour nous le rappeler.
D’ailleurs, une des premières choses que nous avons faites en arrivant c’est de vérifier le chémin d’évacuation depuis l’hôtel… on ne sait jamais!

105 5 avril tsunami

 

On a notamment reperé où se situait le centre d’évacuation en cas de tsunami le plus proche (Naha City Tsunami Evacuation Building).

108 5 avril évacuation tsunami

 

Sur le chemin, petit arrêt pour une partie de ping-pong car mes beaux-parents sont fans de ce sport. Cette pause nous a aussi permis de rester un peu au frais et de nous désaltérer!
Ici, on peut jouer au ping pong avec toutes sortes d’objets, comme des cuillères à riz ou même une poêle. Spoiler, ça ne marche pas super bien…

106 5 avril ping pong

 

On continue à marcher sans but précis, et on tombe sur un canal, puis sur un parc (pause jeux d’enfants) puis sur la mer!

107 5 avril Naha canal

 

La vue serait certainement plus jolie sans cette autoroute en plein milieu, mais bon… Pour voir des jolies plages, il vaut mieux sortir de la ville 🙂

110 5 avril promenade mer Naha

116 naha port

111 5 avril mer Naha

 

A force de marcher, on est tombés sur des piliers-dragons, qui commémorent les échanges entre les villes de Naha et Fuzhou en Chine. La nuit commençait à tomber et on avait faim, on ne s’y est pas beaucoup attardés!

113 5 avril dragon naha

 

De retour à Kokusai Dori pour trouver un endroit où manger, notre regard a été par ces flacons de Habushu, du saké dans lequels macèrent des habu (vipères).
J’ai passé mon tour (je ne bois pas d’alcool) mais mon mari a fait une petite dégustation et a bien apprecié.

114 5 avril bocaux serpents

 

Après cette petite pause, on a fini par manger dans un restaurant proposant de la musique d’Okinawa en live, c’était très sympa et à faire au moins une fois! J’ai quelques vidéos mais très mauvaises, et pas de photos car on était trop occupés à manger et à écouter la musique ^^

Et on vous laisse avec cette petite murène rencontrée à l’aquarium du Donki de Kokusai Dori.
Très curieuse, elle venait à chaque fois nous faire un petit coucou!

115 5 avril mouraine don quijotte

 

Voilà pour notre découverte de la ville de Naha. Comme l’article est déjà assez long, je vais m’arrêter là, et la prochaine fois je vous emmène à l’Aquarium Churaumi 🙂

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Petite histoire d’un mariage au Japon

 

A Isesaki (Japon) le 30 Juin 2010

– Et si on se mariait?

Tout a commencé par cette petite phrase tout à fait banale, lancée comme ça l’air de rien alors que j’étais sur le point d’enlever mes chaussures après une dure journée de travail.
Cinq petits mots, pas un de plus.

Et si on se mariait? L’idée me fait sourire. C’est probalement la demande en mariage la moins romantique au monde.
En même temps, face à une demande comme on en voit souvent dans les films, avec la bague, genou à terre, devant la foule, je crois que je serais partie en courant. Il m’a bien cerné, il sait que je suis aussi romantique qu’un manche à balai.
Là, c’est très bien, c’est intime. Juste lui, moi, et mes lacets de chaussures avec lesquels je me débats toujours.

Une fois mes pieds liberés, je me dis qu’il faudrait peut être répondre, quand même.
– Se marier? Mais pourquoi faire? On est déjà pacsés.
– Oui, mais…

Et oui, il y a un mais. Car mon chéri est étranger. Pour l’instant, il a son visa étudiant, mais la fin de ses études approche et le Pacs ne lui garantit pas de pouvoir obtenir un titre de séjour pour pouvoir rester avec moi ensuite. Un mariage, c’est plus « solide ».

Il continue :
– On pourrait se marier au Japon…

Au Japon? Pourquoi pas en effet… On a prévu un voyage au Japon cet été, il veut me faire découvrir son pays. Peut être qu’on pourrait caser un petit mariage dans ces dates là.

Puis il repart, vers sa vie d’étudiant à Paris. Je reste à Marseille, avec ma petite vie de fonctionnaire. On va se revoir bientôt, vive le TGV, même si c’est cher!

Pendant ce temps, je me renseigne. Le mariage civil au Japon a l’air d’être une simple formalité administrative. Pas de chichis, pas de cérémonie, simple, rapide et efficace. Cela me convient tout à fait!
Je regarde aussi les délais pour l’obtention du visa, l’ambassade annonce 3 semaines. On a prévu un séjour de 4 semaines, ça devrait aller.
Je m’occupe de réunir les documents nécessaires pour obtenir mon « Certificat de capacité à mariage », délivré par l’Ambassade de France au Japon. Ça n’a pas l’air si compliqué finalement. Quelques jours avant le départ, l’Ambassade m’appelle. Mon document est prêt, je peux aller le chercher quand je veux.

Finalement, le jour du départ arrive, et on est prêts. Avec un imprévu quand même, ayant appris à peine quelques semaines avant que j’étais enceinte.
Au stress de mon premier voyage en avion (j’ai fait fort pour un baptême de l’air) se rajoutent les nausées et autres petits désagréments de femme enceinte! Je suis aussi un peu angoissée à l’idée de rencontrer mes futurs beaux parents.

Mais le voyage se passe bien, et on atterrit à l’aéroport de Narita le 14 Juin 2010. Les beaux parents sont là, ils nous attendent, ils semblent très ouverts et sympathiques, me voilà rassurée!
Le jetlag est là aussi, auquel s’ajoute la fatigue du voyage. On se couche tôt ce soir là, sachant que le lendemain une grosse journée nous attend!

On se lève tôt pour aller à l’Ambassade et récuperer le fameux « Certificat de capacité à Mariage ». Une fois le précieux document en main, direction la mairie pour le mariage civil à proprement parler!
On a fait zéro effort niveau vestimentaire (jean, t-shirt, baskets ça ira très bien!), je suis malade, nauséeuse et fatiguée, on a vu mieux comme mariage! Mais je me rassure en voyant d’autres couples qui ont l’air d’avoir fait autant d’efforts que nous. Ils sont là pour se marier en cinq minutes, avant de retourner au travail ou à leurs activités habituelles.

C’est aussi rapide que prévu. On prend notre petit ticket, on attend qu’on nous appelle, on tend à la dame les documents demandés, une petite signature et voilà. C’est fait, omedetō gozaimasu, bonne journée, vous aussi, au revoir!

Et nous revoilà dans la rue, un peu déboussolés. On est mariés, on ne réalise pas vraiment, c’est étrange. On a encore le temps de retourner à l’Ambassade pour déposer la demande de transcription de l’acte de mariage ainsi que la demande de visa pour mon mari tout neuf!

Une fois tout ça fait, la tension diminue d’un coup. Pour remonter tout de suite après, quand il me sort :
– Au fait…

Comment ça, au fait? Au fait quoi?

Au fait, ses parents aimeraient une cérémonie au temple, avec les tenues traditionnelles. Elle aurait lieu dans le petit temple familial, le grand oncle de mon mari est moine bouddhiste et il serait plus que ravi de pouvoir diriger la cérémonie. Et si ça me dit, on peut aller essayer des tenues dans la semaine. Ah, et les moines ont étudié nos noms et dates de naissance, et ils disent que le jour le plus favorable pour cette cérémonie est le 30 Juin.
Dans deux semaines.

– Ah bon. Mais une cérémonie… tu veux dire, avec des gens et tout?
– Que toi, moi, et mes parents. Et les moines. Et les gens qui s’occupent de la location des tenues. Et ceux qui s’occupent du temple. Oh, pas plus d’une dizaine de personnes!

Ah. C’est que j’avais pas prévu ça moi. Pour moi le mariage, c’était signer un bout de papier et basta! Et puis tant qu’à faire, si on fait une cérémonie ça aurait été sympa d’avoir ma famille avec moi. Mais là, c’est prévu dans deux semaines, ça fait un peu court pour organiser un petit séjour au Japon…

Je crois comprendre que c’est important pour eux. Alors j’accepte. Et je me retrouve quelques jours plus tard au milieu de rangées de kimonos de mariage, en essayant de choisir celui que je devrais porter le jour J. En essayant d’en trouver un qui pourrait m’aller en fait, avec mes 1m82 ce n’est pas une tâche facile!
Après quelques sueurs froides, la gentille dame des essayages m’en déniche deux, un très coloré et un ivoire. L’idée de me marier en tenue colorée me plaît assez, mais le kimono ivoire est vraiment magnifique, en soie avec des sublimes broderies… Ce sera lui, finalement.
Par contre, pour les zôri (ces sandales portées avec le kimono), rien à faire. Elles sont toutes trop petites. Tant pis, on fera avec, de toutes façons je ne risque pas d’aller bien loin, avec mon kimono…

La paperasse, c’est bon. Le kimono est trouvé. Grand oncle s’occupe du temple, belle maman s’occupe des petits cadeaux offerts aux invités, beau papa du photographe et des derniers détails.
Et moi pendant ce temps, je joue à la touriste. Je visite Shibuya, Shinjuku, Odaiba, je veux profiter de tous les quartiers de Tokyo, autant que mes petits désagréments de grossesse me le permettent. On va a Disneyland, un jour de pluie, il n’y a personne, on a le parc pour nous et c’est super!

Et puis le jour J arrive. Et là le stress revient d’un coup. Je ne sais pas ce qu’on attend de moi en fait, à part rentrer dans mon kimono.
Mon mari me rassure :
– C’est pas compliqué, t’as qu’à faire comme moi.
– C’est tout?
– C’est tout.
– Et si on me parle?

Il n’a même pas le temps de me répondre, car me voilà prise dans un tourbillon. Coiffure, maquillage, habillage, je m’inquiète un peu du serrage du kimono mais les dames font très attention à mon petit ventre de femme enceinte. On m’expédie dans la voiture, et zou, direction le temple!

Il s’agit d’un mariage bouddhiste, ou butsuzenshiki. C’est une cérémonie assez rare actuellement, la plupart des mariages étant shintoïstes.
Et encore plus rare dans le cas d’un couple mixte comme le notre. On est un peu l’attraction locale, les voisins d’approchent, curieux. J’apprendrais plus tard qu’on a même eu droit à une parution dans le journal local.

Une fois dans le temple, l’ambiance est accueillante, intime. C’est un petit temple familial, tenu par le grand oncle de mon mari. Et il est magnifiquement décoré.
Nous nous approchons des sièges qui nous sont désignés, et la cérémonie peut commencer.
La statue de Bouddha est devant nous, c’est assez impressionant.

Les moines arrivent, en procession. Ils sont tous magnifiquement habillés, je trouve ça très beau!
La cérémonie peut commencer, elle sera présidée par le grand oncle de mon mari. Un tout petit bonhomme, qui semble avoir grandi d’un coup alors qu’il se tourne vers Bouddha pour prier pour le bonheur des mariés.

 

Puis, les trois coupes de saké. Enceinte, je ne peux pas boire de l’alcool, alors je ne fais que tremper mes lèvres. Je demande à mon mari si ce n’est pas grave de faire semblant, il me répond que Bouddha comprendra!

Vient alors le temps de l’attribution de nos juzu, les chapelets bouddhistes. Je ne les découvre que maintenant, ils ont été choisis par mon mari en fonction de la signification des pierres. On les tient enroulés dans nos mains au moment de prononcer nos voeux de mariage.

Je ne me souviens plus très bien, si j’ai du parler à ce moment là, ou si c’est mon mari qui l’a fait pour moi. J’ai l’impression d’avoir répété des phrases qu’on me dictait, mais c’est peut être un faux souvenir…

Ensuite viennent les offrandes à Bouddha, de l’encens et des fleurs.
Puis, on « signe » notre acte de mariage, avec l’empreinte de nos pouces.

 

Et voilà. On est mariés devant Bouddha. Ça fait quand même quelque chose!
J’étais tellement anxieuse à l’idée de cette cérémonie, et finalement tout s’est bien passé. Et je suis fière et reconnaissainte d’avoir été autorisée à porter ce beau kimono de mariage, et d’avoir pu vivre cette cérémonie si particulière.

Les jours suivants auront été consacrés à la visite de Tokyo, en attendant la délivrance du visa de mon mari. N’ayant pas de nouvelles la veille du départ, nous allons à l’Ambassade. Ils nous remettent notre Livret de Famille, mais pas de trace du visa.
Désolé, il est pas encore prêt. Revenez dans quelques jours.

Zut, ça, ça n’était pas prévu. Mais je ne peux pas rester plus longtemps, j’ai mon travail, et des examens médicaux à passer en France.
A contrecoeur, j’abandonne mon mari quelques jours, et je rentre en France toute seule.
A mon arrivée, j’apprends que l’Ambassade vient de délivrer le précieux visa. A un jour près! Je me dépêche de trouver un nouveau billet d’avion, et mon mari peut enfin me rejoindre une semaine après.
C’est le début d’une vie à deux, à trois très prochainement!

Epouser un étranger, qui plus est dans un pays inconnu dont on ne parle même pas la langue, peut sembler un pari risqué.
8 ans après, on est toujours là, toujours ensemble, et deux petites merveilles franco-japonaises nous ont rejoint entre temps. Nous ne sommes plus deux, mais quatre.
Mais tout ceci est encore une autre histoire…



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